Illustrations pour l’article de Marion Rousset L’ire bat le pavé

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25 mars 2020
Direction artistique : Karine Viguier












Revendications féministes, mouvements sociaux, révoltes… La colère bat le pavé partout dans le monde. Longtemps décriée, ne serait-elle pas devenue au contraire émancipatrice ?
C’est un neurologue qui, droit dans les yeux, lance à Emmanuel Macron : « On est au bout et, pour le moment, vous n’êtes pas là. »

La jeune Greta Thunberg, qui martèle sans faiblir depuis la tribune de l’ONU « Comment osez-vous ? » à l’adresse des dirigeants du monde. Adèle Haenel, qui quitte la salle en criant « La honte ! » après l’attribution du César de la meilleure réalisation à Roman Polanski.
C’est aussi Virginie Despentes, et sa tribune uppercut « On se lève et on se barre », reprise dans l’hémicycle par une députée de La France insoumise pour protester contre le 49.3…
Ce sont tous ceux, justement, qui se lèvent et protestent, chefs de service à l’hôpital qui ont démissionné de leurs fonctions administratives, ou enseignants-chercheurs qui menacent de le faire. Ce sont surtout ces foules battant le pavé à Paris, Beyrouth, Santiago, Hongkong, Barcelone — avant que l’épidémie de Covid-19 ne les fasse taire, pour l’heure.

Pour aller plus loin, lire aussi «Géopolitique de la colère », de Myriam Benraad (éd. Le Cavalier bleu), « Au bout de la colère », de Michel Erman, (éd. Plon) et « Colère, indignation, engagement », sous la direction de Frédéric Rognon (Presses universitaires de Strasbourg).

Mark


© Laure Wauters